Cigarette électronique et e-liquide

En savoir plus sur la cigarette électronique

Ce dispositif est communément désigné par cigarette électronique, e-cigarette, e-cig, vaporisateur personnel ou encore vaporette. Il rappelle plus ou moins la forme de la véritable cigarette et sa fumée. Le terme électronique est un vocable marketing inventé en 2005 pour des dispositifs qui ne comportaient, à l'époque, aucun élément électronique. En 2013, la plupart de ces dispositifs sont électroniques, d'une complexité allant de simples protection à des modèles sophistiqués, avec variateur de tension ou de puissance, décompte des bouffées, écran d'affichage, communication avec un ordinateur, ...

Quand la cigarette électronique prend la forme d'un cigare ou d'une pipe, elle peut alors aussi être nommée cigare électronique ou pipe électronique. Elle peut prendre d'autres formes encore plus originales.

Les utilisateurs de cigarettes électroniques utilisent les termes vapoter ou vaper (dérivés du mot vapeur) au lieu de fumer et se désignent comme des vapoteurs.

Les termes cigarette électronique, vapoter, vapoteur et vapoteuse sont entrés dans les éditions 2015 du Petit Larousse et du Petit Robert.

Un peu d'histoire...

Le concept de la cigarette électronique est inventé par Herbert A. Gilbert en 1963, breveté en 1965, petit appareil remplaçant le tabac et le papier par de l’air chauffé et aromatisé. Cette invention ne fut jamais commercialisée.

La première cigarette électronique commercialisée destinée à simuler l'utilisation d'une vraie cigarette a été réalisée en 2003 par Hon Lik, un pharmacien et ingénieur chinois qui a breveté en 2005 une cigarette sans fumée à pulvérisation électronique. Ce premier dispositif exploite la technologie de nébulisation par ultrason.

La technologie de vaporisation par résistance chauffante, la technologie commercialisée pour les cigarettes électroniques actuellement, a été inventée en 2009 par le chinois David Yunqiang Xiu avec son Electronic Nicotine Delivery System (ENDS).

Les cigarettes électroniques sont pour la plupart fabriquées en Chine. Il existe également des modèles développés et fabriqués en petites séries en Europe et aux USA.

Principe de fonctionnement

Le principe d'une cigarette électronique consiste à produire un aérosol imitant la fumée de tabac. La technique la plus utilisée consiste à chauffer le liquide (e-liquide) qui a la propriété de s'évaporer à une température proche de 60° par l'action d'une résistance chauffante, aussi appelée atomiseur.

Le vapoteur doit enclencher le chauffage de la résistance, le liquide chauffe, se vaporise et produit un aérosol que le vapoteur peut inhaler.

L'activation du chauffage de la résistance peut être soit manuel (le vapoteur appuie sur un interrupteur), soit automatique (un dispositif électromécanique placé dans la cigarette électronique détecte l'aspiration du vapoteur et active aussitôt la résistance).

L'aérosol constitue un nuage rappelant la fumée d'une véritable cigarette, peu odorant. Cette vapeur visible disparait rapidement, principalement par évaporation.

Éléments d'une cigarette électronique

Il existe un grand nombre de modèles de tailles, de capacités, de formes, de contenus, d’accessoires et de marques. Depuis les cigarettes électroniques jetables ou les premiers modèles qui cherchaient souvent la ressemblance avec les cigarettes traditionnelles jusqu'aux derniers modèles dont l'apparence peut s'éloigner fortement des références au tabac.

Eléments principaux constituant une cigarette électronique:

  • batterie
  • résistance (atomiseur ou atomizer)
  • réservoir (clearomiseur ou clearomizer)
  • e-liquide.

Batterie

La batterie est constituée d'un accumulateur dans un bloc et équipé d'un module électronique de régulation et de protection. Lorsque cet ensemble est démontable, on parle alors de mod. Les accumulateurs pour cigarettes électroniques sont actuellement presque exclusivement de technologie lithium-ion.

Résistance (atomiseur)

La résistance est la partie qui a pour fonction de chauffer le liquide afin de produire l'aérosol.

Les résistances des clearomiseurs contiennent un fil résistif en Nichrome, en Kanthal ou en Inox, qui entoure une mèche pouvant être en fibre de silice, en coton ou en grille de tamis fin (mesh en anglais). La mèche a pour fonction de stocker le liquide et de l'amener par capillarité à la résistance pour qu'il soit chauffé et vaporisé.

Lorsque l'alimentation est assurée à l'aide d'un système à mèches, on parle de clearomiseur (ou, de l'anglais, clearomizer), équipé en général d'un réservoir en tout ou partie transparent. Le système de mèche est situé soit en haut pour des vapeurs qui seront de tièdes à chaudes, soit en bas pour des vapeurs qui seront de froides à tièdes.

Les clearomiseurs sont des consommables dont la durée de vie varie énormément suivant le modèle, l'utilisation et le type de liquide. Certains modèles permettent de ne changer que la résistance lorsqu'elle est trop encrassée.

Il existe également une famille d'atomiseurs dits reconstructibles qui permettent au vapoteur expert de configurer lui-même ses résistances et ses mèches.

Un dispositif de régulation du flux d'air peut être également intégré au clearomiseur.

Réservoir

C'est la partie contenant le liquide, généralement cylindrique. Elle est en plastique, en verre, en verre Pyrex ou en en métal se remplissant par le haut ou par le bas.

Le réservoir possède deux ouvertures: une entrée d'air et une sortie pour la vapeur.

La sortie peut être équipée d'un embout buccal interchangeable (drip tip).

E-liquides avec ou sans nicotine

Composition des e-liquides:

  • mélange à base de propylène glycol (PG) et/ou de glycérine végétale (GV), additionné quelquefois d'alcool et/ou d'eau
  • d'arômes, souvent issus de l'industrie alimentaire
  • de nicotine à des taux variables, en général de 0 à 19,6% - soit 0 à 19,6mg/ml.

Les e-liquides sont vendus le plus souvent dans des flacons en plastique de 5 ml à 50 ml. Certains sont présentés dans des flacons en verre (fiole).

La concentration en nicotine est indiquée sur le flacon de l'e-liquide et/ou sur la boîte quand il y en a une. La sensation de picotement dans la gorge et la bouche, provoquée par la nicotine, est appelée hit (abréviation de l'anglais throat hit) par les utilisateurs de cigarette électronique.

De très nombreuses saveurs (ou arômes) sont disponibles (tabacs, fruits, boissons, gourmands, plantes, ...).

Distribution en Suisse

En raison des prix bien plus bas pratiqués hors des frontières helvétiques, cigarettes électroniques, accessoires et e-liquides avec ou sans nicotine sont commercialisés en Suisse essentiellement via Internet bien que de nombreuses boutiques soient apparues sur le territoire. Les e-liquides avec nicotine sont achetés légalement de Suisse sur Internet et livrés sans limite de quantité de l'étranger.

Vapoteurs et vapoteuses

Tous les vapoteurs réguliers sont ou ont été fumeurs: la cigarette électronique constitue donc plutôt une solution de sortie du tabagisme qu’une porte d’entrée.

Toxicité

Généralités

Les premières études scientifiques sur la cigarette électronique sont apparues en 2009.

Une synthèse sur l'efficacité et la toxicité de la cigarette électronique a été publiée en 2010-2011 dans le Journal of Public Health Policy par Michael Siegel, de la Boston University School of Public Health (BUSPH) et conclut que:

  • la cigarette électronique contient peu ou pas de produits chimiques susceptibles de présenter des risques sérieux pour la santé, de plus les quantités sont bien moindres que dans une cigarette classique, tant pour les toxiques que pour les substances cancérigènes
  • les données actuelles indiquent que la cigarette électronique est moins nocive que la cigarette ordinaire et comparable, du point de vue de la toxicité, avec les spécialités pharmaceutiques contenant de la nicotine (timbres, gommes, inhalateurs)
  • la cigarette électronique peut être efficace contre l'envie de fumer, surtout parce qu'elle simule l'acte de fumer une véritable cigarette
  • la cigarette électronique peut se révéler supérieure en efficacité aux autres méthodes d'auto-administration de la nicotine car les stimuli associés à l'acte de fumer ont un effet durable contre les symptômes du sevrage.

Nicotine

La nicotine est toxique, classée substance très dangereuse (classe Ib) par l’OMS et le règlement européen relatif aux substances dangereuses qui prescrit l’étiquetage suivant pour les préparations contenant plus de 0,1%m/m de nicotine (soit approximativement 1mg/ml): mortel par contact cutané et toxique en cas d’ingestion. La dose létale médiane (DL50, dose entrainant 50% de décès) est estimée chez l'homme de 0,5 à 1 mg par kilogramme. Pour un être humain adulte, cela représente 60mg en moyenne. En 2013, une analyse critique indique que la dose létale par ingestion pour l'être humain est plus probablement de l'ordre de 500mg à 1 gramme.

L'ingestion accidentelle par des enfants de liquides de recharge contenant de la nicotine peut être mortelle. Ainsi, l'OMS confirme en 2013 que par exemple, si un enfant pesant 30 kilos absorbe la totalité du contenu d'un flacon d'e-liquide pour cigarette électronique dosé à 24mg de nicotine par ml, cela peut provoquer une intoxication aiguë à la nicotine qui serait le plus susceptible de causer sa mort. L'absorption de 6 gommes à mâcher à 4mg de nicotine par un jeune enfant, atteint le même seuil critique.

Propylène glycol

Le propylène glycol n'est pas considéré comme un produit toxique pour l'homme. Il est utilisé, depuis les années 1950 comme composé chimique pour l'administration de médicaments pulvérisés, par exemple dans les inhalateurs et les nébuliseurs pour l'asthme. Les aérosols de propylène glycol ont un puissant pouvoir antibactérien et antiviral.

Les études et données connues permettent à des organismes de santé publique de faire des conclusions identiques, à savoir que les différents composés du propylène glycol présentent un très faible risque pour la santé humaine. Lors d'expérimentation sur les animaux par ingestion ou inhalation (2011), le propylène glycol s'est révélé peu toxique en exposition répétée ou prolongée. Selon une étude d'avril 2013, aucun des propylènes glycols n’a présenté des preuves de toxicité cancérigène, mutagène ou potentiellement reproductive chez l'homme.

Aux USA, la Food and Drug Administration inclut ainsi le propylène glycol dans sa liste des substances généralement reconnues comme inoffensives.

Glycérol et dérivés

Le glycérol (glycérine végétale ou synthétisée) est souvent utilisé comme complément au propylène glycol. Ce composé n'est pas considéré comme toxique. C'est un additif très largement utilisé dans les préparations alimentaires (E422), les cosmétiques, les savons et détergents, les produits pharmaceutiques. L'inhalation répétée et prolongée d'aérosols de glycérine par des animaux n'a révélé aucune toxicité.

Pour la cigarette électronique, la glycérine ne devrait pas produire de gaz toxique appelé acroléine car cela nécessite d'atteindre une température d'au moins 250°. Mais cette température peut probablement être rencontrée dans certaines conditions puisque la présence d'acroléine a été détectée à faible dose (de 0,07 à 4,19 micro-grammes pour 15 inhalations, soit quatre fois moins que pour une cigarette ordinaire) dans la vapeur de certaines cigarettes électroniques.

Nitrosamines

Les nitrosamines, principaux agents cancérigènes contenus dans le tabac, n'ont été détectés dans les liquides à vapoter qu'à l'état de traces, à des taux équivalents à ceux des substituts nicotiniques tels que les patches ou gommes à la nicotine et qui sont 500 fois moindres que ceux que l'on retrouve dans les véritables cigarettes.

Particules métalliques

Une étude américaine publiée en 2013 a montré la présence de traces de particules métalliques dans l'aérosol de certaines cigarettes électroniques jetables.

Sevrage tabagique

Plusieurs études suggèrent un rôle favorable pour le sevrage partiel ou complet du tabagisme. La réduction du tabagisme pourrait atteindre la moitié des patients qui se sont mis à la cigarette électronique sans intention de s'arrêter de fumer. Des résultats comparables sont retrouvés dans d'autres enquêtes, dont une, française, qui montre une diminution du tabagisme chez 72% des vapoteurs avec 11% d'arrêt.

Effet sur l'entourage

Incitation à la consommation de tabac

La promotion de la cigarette électronique et son usage dans les lieux publics sont parfois soupçonnés de faire indirectement la promotion de la consommation du tabac. Selon certaines opinions, la cigarette électronique favoriserait notamment l'initiation des jeunes à la consommation du tabac; cette considération est une simple hypothèse, fort probablement fausse, sans aucune étude scientifique pour la corroborer.

Selon un document de l’ASH, les statistiques montrent qu'une incitation de tabagisme pour les plus jeunes n'est pas avérée au Royaume-Uni.

Toxicité du vapotage passif

Malgré le peu de recul et d'études scientifiques sur le sujet, il est estimé que l'utilisation de la cigarette électronique ne provoque aucun risque comparable au tabagisme passif de la fumée du tabac. Cependant, l'émission dans l'air d'aérosols et de composés organiques volatils, tels que le propylène glycol, des arômes, et la nicotine lors de l'utilisation de la cigarette électronique en intérieur, est une nouvelle source de composés organiques volatils et de particules fines et ultra-fines dans l'environnement intérieur.

Sur la base d'une revue des études scientifiques existantes, on peut affirmer que même dans les conditions les plus extrêmes, on ne peut atteindre des niveaux réputés toxiques dans une pièce où est utilisée la cigarette électronique.

Statut légal

L'application à la cigarette électronique des lois et règlements interdisant de fumer dans les espaces publics ou les lieux de travail est l'objet de controverses. Pour de grands spécialistes, interdire la cigarette électronique dans les lieux publics ou lieux de travail est disproportionné.

Les limitations techniques des détecteurs de fumée sont parfois douteusement invoquées pour interdire la cigarette électronique (par exemple dans les avions).

Suisse
 
En Suisse, la cigarette électronique et les e-liquides uniquement sans nicotine peuvent être vendus. Toutefois, l'importation d'e-liquide avec nicotine pour usage privé est autorisée dans la limite de 150ml.

 

Produits contenant de la nicotine UE et Suisse

 

E-liquide UE - Cigarette électronique UE

TPD (Tobacco Products Directive) ou DPT (Directive sur les Produits du Tabac)
Restrictions prévues dictées par la directive européenne 2014/40 imposant:

  • Le remplacement du mot "tabac" par "classic" dans le nom des liquides pour cigarettes électroniques.
  • Une limitation des liquides au seul volume de 10ml par flacon.
  • Une taxe pour la mise en place d’études sur la cigarette électronique.
  • La possibilité d’interdire un modèle à la demande de trois pays européens ou celle de sa vente sur Internet, également par au moins trois pays européens.
  • Une limite de 2ml pour les réservoirs de liquide dans les cigarettes électroniques.
  • L’uniformisation des modèles.
  • Un taux maximum de 20mg/ml de nicotine.
  • Moins de publicité sur le secteur.

 

E-liquide Suisse - Cigarette électronique Suisse

L'achat sur Internet d'e-liquides contenant de la nicotine est parfaitement légal en Suisse. Toutefois, la quantité maximale est limitée par la douane helvétique à 150ml (ce qui correspond à 15 flacons par commande).
L'achat et la vente d'e-liquides sans nicotine, de cigarettes électroniques, de batteries, de clearomiseurs, de résistances et autres accessoires ne sont soumis à aucune restriction.

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